Par Pascale Van Damme, Dell Technologies.

Concentrer les efforts, aujourd’hui, sur une augmentation du nombre de jeunes s’engageant dans des filières STEM mais faire aussi en sorte, ensuite, d’introduire plus de STEM dans toutes les filières.

Passées les vacances d’été, le monde de l’enseignement reprend son cours normal. Des milliers d’écoliers se retrouvent sur les bancs de l’école. Les auditoires des Hautes Ecoles et des universités sont à nouveau pleins. Mais tous ces jeunes pourront-ils s’insérer sans heurts sur le futur marché du travail? Je l’espère de tout coeur car nous avons grand besoin de chaque citoyen actif.

La liste des métiers critiques ne se réduit en tout cas pas. Elle continue d’inclure toute une série de métiers liés à l’ICT, par exemple analyste business et ICT, expert en intégration ou implémentation, gestionnaire réseau, administrateur de banque de données, développeur-analyste ICT… On est confronté, tant en termes quantitatifs que qualitatifs, à une pénurie structurelle de professionnels disposant des compétences requises pour ce type d’emploi.

Il est donc vital d’injecter davantage de STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) dans l’enseignement. Heureusement, plusieurs indicateurs semblent démontrer que le nombre de jeunes qui optent pour une filière STEM, que ce soit dans le secondaire ou dans l’enseignement supérieur, est en augmentation régulière. De même, le nombre de filles qui choisissent une filière STEM est en progression. Dans l’enseignement supérieur général, on relève la présence de près de 50% de filles inscrites dans des filières STEM. Ces chiffres encourageants offrent toutefois un flagrant contraste avec le nombre de filles ayant choisi des filières STEM techniques (10 à 15%) et des filières STEM professionnelles (un peu plus de 5%). Or, environ la moitié de la population est de sexe féminin. Les choses doivent donc s’améliorer si nous voulons leur donner, à elles aussi, toutes les chances possibles dans le registre STEM!

Malheureusement, la proportion de jeunes qui choisissent une formation STEM-ICT demeure insuffisant. C’est pourtant dans ce domaine que les postes vacants sont les plus nombreux.

Il est dès lors nécessaire de consentir des efforts supplémentaires afin de motiver suffisamment de jeunes à suivre une filière STEM. Au-delà de l’effort de motivation, il s’agit de mettre également suffisamment de moyens à disposition pour procurer une formation digne de ce nom à notre jeunesse. Je ne peux qu’en appeler aux différents acteurs à allouer rapidement le financement et le support suffisants au profit de filières qui misent sur des compétences STEM.

Par ailleurs, j’estime qu’à terme nous devons non seulement faire en sorte d’attirer davantage de jeunes vers des filières STEM mais consentir tout autant d’efforts pour instiller davantage de compétences STEM dans toutes les filières! Je m’inspire, en la matière, des résultats d’une enquête mondiale menée par l’Institute for the Future auprès de 4.600 dirigeants d’entreprise et cadres: 60% des participants sont convaincus que leurs collaborateurs devront être devenus des experts en technologie d’ici 2030, quelle que soit la fonction qu’ils assument. La compétence de base qu’on exigera donc d’eux est la suivante: être à l’aise avec la technologie.

Pour compléter le tableau, soulignons que seulement 57% des jeunes qui ont participé à une récente enquête Generation Z de Dell Technologies estiment que l’école les prépare bien voire très bien à leur future carrière. C’est très peu et nous pouvons le regretter mais cela ne fait guère avancer la réflexion. Nous devons tous prendre nos responsabilités. Les acteurs technologiques, par exemple, peuvent s’y atteler en développant des produits grâce auxquels les enseignants puissent introduire intimement la technologie dans leur pratique pédagogique existante et future. Nous aurons déjà franchi un pas dans la bonne direction lorsque les produits pourront inciter les étudiants à se frotter aux STEM.

Concentrons-nous donc en effet, au cours des années à venir, sur le fait d’attirer davantage de jeunes dans des filières STEM mais préparons-nous dans le même temps à injecter davantage de STEM dans toutes les filières.

 

En 2030, une offre d’emploi ressemblera à ceci… Recherche: nouveau collaborateur (h/f). Compétence requise: être à l’aise avec la technologie

Je préconise de tout mettre en oeuvre, aujourd’hui, pour augmenter le nombre de jeunes s’inscrivant dans une filière STEM. Mais une fois que nous y serons parvenus, nous devons intégrer davantage de STEM dans toutes les filières. Le marché du travail de demain a besoin de collaborateurs qui sont tous à l’aise avec la technologie.


Publié le 03 octobre 2019