Laurent Pulinckx exerce depuis près d'un an la fonction de Head of IT à la Bourse de Luxembourg, où il prend part à l’implémentation de la stratégie métier, ainsi qu'à la transformation en profondeur des processus internes. Il a partagé avec nous les enjeux de cette refonte ainsi que des impressions qu'il a retirées de sa participation à l'édition 2019 du Gartner IT Symposium.

Revisiter les fondamentaux

"D'une manière générale, je pense que l'apport principal du Gartner Symposium est de permettre aux participants de renouer avec certains concepts de base et de se poser à nouveau des questions essentielles", confie Laurent Pulinckx. "Quelle valeur l'IT doit-elle apporter au business? Où se situe le juste équilibre entre coûts informatiques et retour sur investissement pour les métiers? A quelle vitesse une entreprise peut-elle mener sa transformation digitale? Au-delà de la seule poussée technologique, combien de temps faut-il aux métiers pour accepter et s'adapter à une telle transformation? Pour ma part, je considère qu'il est important de procéder régulièrement à une telle mise à plat et de revisiter entre pairs les fondamentaux de nos activités."

 

Des pistes de réflexion qui ont du sens

"Ensuite", dit encore Laurent Pulinckx, "les 'célèbres prédictions' émises par les analystes de Gartner, ainsi que les sessions consacrées aux tendances technologiques et à leurs différents niveaux de maturité, permettent de mettre les cas d'usage en perspective et de dégager une vision plus concrète à court et moyen termes. Dans ce contexte, j'ai ressenti une inflexion dans le message délivré par Gartner", observe-t-il. "Les intervenants ont traité des aspects humains liés aux avancées technologiques, ils ont abordé des thèmes comme l'inclusion et l'engagement sociétal. Ils ont souligné qu'il fallait envisager la société numérique comme devant présenter des avantages pour tous. Tout au long du Symposium, les analystes ont incité les CIOs à jouer un rôle moteur, non seulement dans leurs organisations mais aussi dans la société numérique, en aidant les entreprises à mettre au point des propositions de valeur tournées vers la création d'activités destinées à améliorer cette société. Ce sont des pistes de réflexion qui ont beaucoup de sens."

 

Une transformation en profondeur

"A la Bourse de Luxembourg, nous avons entamé une réflexion sur la digitalisation de nos activités", explique Laurent Pulinckx. "Nous réfléchissons aux moyens d'interconnecter plus étroitement nos clients, notamment à travers des API, ainsi qu'aux façons d'optimiser nos processus internes. Il nous faut faire cela en intégrant  la gestion du changement qui ne manquera pas d'impacter tous les utilisateurs. Nous devons pérenniser et optimiser la chaîne de valeur de l'entreprise, tout en nous adaptant de manière constante aux nouveaux modes d'interaction avec les clients finaux."

"Il s'agit d'une transformation en profondeur dans laquelle toutes nos équipes sont impliquées et mobilisées, et qui va nous occuper pendant les deux prochaines années", estime-t-il. "Notre objectif est de mettre la technologie au service des métiers et d'amener plus de flexibilité dans la réponse que nous apportons aux besoins des différentes parties prenantes de l'entreprise. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous a amenés à opter pour une migration complète vers le Cloud."

 

De nombreuses parties prenantes aux attentes différentes

"La Bourse de Luxembourg est une entreprise dont l'activité principale est la cotation de titres financiers, principalement d'obligations, mais aussi de fonds et de produits structurés", indique Laurent Pulinckx. "Le processus de listing est très réglementé et implique différentes parties prenantes, qui vont de l'émetteur à la Commission de Surveillance du Secteur Financier, en passant par les banques d'affaires, cabinets d'avocats et agents de cotation qui introduisent les dossiers à la bourse. Ces acteurs ont des besoins différents qui se transforment et changent avec le temps, mais pas à la même vitesse."

"En aval de la chaîne de valeur", ajoute-t-il, "nous développons de nouveaux produits pour toucher d'autres marchés. Nous avons ainsi créé, en partenariat avec la Bourse de Stuttgart, de nouvelles solutions de trading pour des opérations de petite taille dans le marché obligataire".

"Nous projetons de sortir de cette période de deux ans de transformation avec un environnement plus souple, plus élastique et plus susceptible de rencontrer les agendas des différents parties prenantes", résume Laurent Pulinckx. "Voilà pourquoi je mets à profit ce Symposium pour m'informer sur la manière dont les CIOs gèrent le rythme de la digitalisation de leurs entreprises."

 

Propos recueillis par Michaël Renotte


Publié le 28 novembre 2019