Par Arnaud Bacros, General Manager Enterprise Benelux, Dell Technologies.

De nos jours, le marché des voitures connectées croît proportionnellement plus vite que le marché automobile global. Les besoins des consommateurs en services relatés, comme la navigation par satellite, le streaming multimédia, les diagnostics à distance, en sont un important moteur. Gartner estime que le marché de l'Internet des objets dans le secteur de l'entreprise et de l'automobile comptera d'ici l'année prochaine 5,8 milliards d'éléments. Avec d'inévitables conséquences sur les constructeurs automobiles. Car pour qui ne change rien, c'est la panne assurée. 

Après nous, le déluge… de données 

Les données jouent un rôle clé. Or les constructeurs automobiles sont en mesure d'en collecter en tout genre : depuis les prestations des moteurs jusqu'à celles des automobilistes. Ils peuvent les analyser et les exploiter afin d'élaborer de nouvelles solutions, et renforcer leurs liens avec la clientèle. 

De nos jours, les données de moteurs d'avions sont analysées par des capteurs afin d'assurer une 'predictive maintenance'. Les prestations des moteurs en sont optimisées, la durée de vie des pièces allongée et l'efficience de la maintenance augmentée. Mais cela se traduit par 1 TB de données pour chaque vol. 

Extrapolons cela aux voitures, et la masse de données à gérer devient exponentielle. Non seulement les automobiles sont bien plus nombreuses que les avions, mais les données sont disponibles en ligne et en temps réel ! Elles peuvent facilement excéder 10 TB par véhicule et par jour. Comment gérer un tel déferlement de données ? Lesquelles traiter ? Faut-il tout collecter et opérer une sélection a posteriori ? Ou ne capter que les données pertinentes ? 

 

Commodity 

Ce choix est vital, car ces données sont un business. Elles sont une nouvelle source de revenus pour les constructeurs et quiconque veut établir un contact avec les conducteurs. Plutôt que des tests en laboratoire, les fabricants peuvent se baser sur les résultats d'analyses menées sur des milliers d'automobilistes. Ils peuvent anticiper plus rapidement et proposer des voitures plus robustes. Mais d'autres interactions sont également possibles, par exemple avec la compagnie d'assurance ou un restaurant se trouvant sur l'itinéraire suivi. Le véhicule peut réagir en cas d'embouteillage. Ou faire des suggestions autonomes, sur la présence d'une brasserie proposant sur l'heure de midi un menu similaire à celui du restaurant préféré de votre ville… 

Cela m'amène à une réflexion intéressante. À l'instar de ce qui se passe dans l'ICT, c'est le logiciel de la voiture, et non plus le matériel qui, à long terme, fera la différence. La carrosserie (le "hardware" de la voiture) sera juste de nature commodity. Cela signifie que le cycle de vie du hardware, autrement dit la voiture, est plus court, et que l'importance du logiciel se renforce. Le hardware peut devenir moins cher et être remplacé plus vite. Mais cela implique aussi que le constructeur automobile resté fidèle à son hardware sans prendre le train du numérique risquera de disparaître prochainement. 

 

 demeure la 5G ? 

Évidemment, il subsiste des goulots d'étranglement. Qu'en est-il du respect de la vie privée ? De la sécurité ? Le principal chaînon manquant aujourd'hui, c'est une connexion rapide entre les capteurs. Pour cela, il faut un réseau ultrarapide. Comme la 5G. En Belgique, ce ne sera pas pour demain… 

Faisons d'abord en sorte que la 5G deviennent chez nous commodity. 


Publié le 07 novembre 2019