Par Arnaud Bacros, Managing Director Enterprise chez Dell EMC Pays-Bas & Belux.

Problèmes techniques chez Tax-on-Web récemment, paralysie chez Argenta l’an dernier, etc. : le 100% uptime apparaît comme une illusion et un message davantage marketing que technique. Pourtant, les entreprises modernes se doivent désormais d’être accessibles à tout moment par leurs partenaires commerciaux. Des solutions technologiques existent…

Face à la nécessité d’être accessible à tout moment pour leurs fournisseurs, clients et autres partenaires commerciaux, beaucoup d’entreprises – dans un premier temps dans le monde financier - ont déployé des solutions de redondance de leurs infrastructures informatiques, que ce soit au niveau de la virtualisation du stockage ou des serveurs notamment. Pour autant, la plupart n’ont pas encore franchi le pas de la haute disponibilité. Avec les conséquences que l’on constate aujourd’hui en termes d’indisponibilité, ce qui nuit gravement à l’image de marque de l’entreprise, sans parler de l’impact financier d’une perte de données. Pourtant, il s’agit là d’une assurance indispensable face à un problème, qu’il soit d’ordre technique ou résultant d’une cyberattaque.

Différentes mesures peuvent être prises pour assurer un meilleur uptime de l’infrastructure informatique. Ainsi, la redondance des centres de données permet, en cas de problème, de relancer une baie ou un lien. De même, la virtualisation constitue une étape importante sur la voie de la haute disponibilité. Or aujourd’hui encore, beaucoup d’entreprises n’ont pas encore mis en place une stratégie de reprise après sinistre, du moins pas pour leurs applications les plus critiques. Enfin, des solutions de protection des données et de cyber-résilience existent pour faire face à la cybercriminalité.

 

Grandes entreprises et cloud

En pratique donc, différentes technologies peuvent être mises en place pour protéger les données de bout en bout. C’est ainsi que Dell Enterprise propose des solutions de gestion, de protection et de partage des données de manière sécurisée et consistante dans l’organisation. Et si l’entreprise décide de migrer (en tout ou en partie) dans le cloud public, il convient de s’assurer que les questions de disponibilité et de SLA (service level agreement) ont été clairement identifiées et consignées dans des accords précis entre le fournisseur du cloud et son client. En effet, une stratégie de type cloud-first doit s’appuyer sur une analyse précise en fonction de l’application, tandis qu’un schéma de l’infrastructure devra être établi selon les critères de disponibilité et de sécurité des applications. Car si les fournisseurs cloud font de belles promesses, il s’agira de vérifier la pertinence d’une migration vers le cloud en fonction de (la criticité de) l’application. Quoi qu’il en soit, il semble désormais évident qu’une telle migration cloud prendra du temps et sera dans en tout cas plus coûteuse. Pour preuve, cette grande banque néerlandaise qui ambitionnait de basculer 50% de ses applications dans le cloud a dû se résoudre après quelques années à n’exploiter que 5 à 10% de ses infrastructures dans le nuage.

En d’autres termes, la grande entreprise devra plutôt opter pour une stratégie multi-cloud. Un multi-cloud qui sera agnostique pour permettre de choisir la meilleure plateforme en fonction de l’application (la bureautique, le développement d’applications ou l’analytique se prêtant très bien au cloud public) et le fournisseur le plus pertinent, chaque cloud provider ayant ses atouts.

 

Mid-market

De son côté, la plus petite organisation pourra se doter d’une architecture hyperconvergée, associée à une solution d’orchestration pour assurer une plus grande transparence entre le cloud et son infrastructure interne. C’est ainsi qu’elle pourra déployer Pivotal pour le SaaS et Kubernetes comme technologie de conteneur, de même que VMware pour l’orchestration et DellEMC pour ses plateformes internes (notamment VXRail en hyperconvergence) ainsi qu’une solution de sauvegarde dans le cloud ou sur-site.

En pratique donc, Dell Technologies propose des solutions davantage standardisées pour le mid-market et une approche sur-mesure pour les plus grandes organisations. Sans, rappelons-le, opposer le cloud public et le cloud privé, mais en privilégiant plutôt une stratégie multi-cloud hybride.

En outre, la migration entre les clouds public et privé sera facilitée par la mise en œuvre de technologies de type software-defined, que ce soit au niveau du WAN avec VeloCloud notamment pour permettre aux entreprises de bâtir et d’exploiter très simplement des services de WAN hybrides (combinant liaisons MPLS et IP) depuis une console centralisée dans le cloud. Par ailleurs, l’émergence de l’edge devra être prise en compte, une part de la puissance de calcul basculant du cloud vers la périphérie, ce qui exige toujours plus de puissance.

 

Sécurité

Par ailleurs, au niveau de la sécurité, Dell Technologies propose une approche sur trois niveaux. D’abord, SecureWorks qui fournit un SOC (security operations center) permettant d’offrir une solution de gestion de la sécurité sous forme de service pour le compte du client. Ensuite, RSA qui assure la gestion des tokens et propose des solutions d’IAM (identity and access management) et de GRC (governance, risk and compliance). Enfin, Dell Technologies offre des solutions de cyber-recovery pour permettre le déploiement de logiciels de gestion et d’automatisation afin d’automatiser les processus et de protéger les données critiques de bout en bout, avec identification des activités suspectes et reprise en cas de problème.

 

Critique

Si le cloud public devient une réalité, il ne faudrait pas en déduire qu’il s’agit là de la solution miracle. Ainsi, Google estimait récemment que 30 % des données migrées dans le cloud reviendront dans l’environnement sur-site. Il importe donc d’éduquer le cloud buyer pour le sensibiliser aux avantages et inconvénients de chacune des approches, ce qui lui permettra de décider en connaissance de cause.

Bref, l’adoption du cloud devient critique pour une organisation, quelle que soit sa taille. Une adoption stimulée par le fait que les entreprises veulent toujours plus une consommation de l’IT à la consommation dans le cadre d’un modèle flexible.


Publié le 29 juillet 2019