Avec plus de trente années d'expérience dans le monde IT, du développement pur au poste de CIO de KNEIP qu'il occupe depuis 2014, Jean-Luc Brach a convaincu les membres du jury de la dixième édition des Luxembourg ICT Awards, qui l'ont nommé CIO of the Year. Il revient aujourd'hui pour IT One sur les challenges relevés l'an passé ainsi que sur les projets à venir.

"L'année 2016 a été une année charnière pour KNEIP, avec la conduite d’un grand projet de transformation de notre organisation, le changement et le remplacement de certaines  applications historiques par des versions plus modernes" débute Jean-Luc Brach. Le CIO de l'année souligne également l'évolution du parc applicative classique de KNEIP. "Je pense également aux nouveaux contrats majeurs que nous avons gagnés ainsi qu’à la finalisation et au déploiement de notre nouveau produit PRIIPS – Packaged Retail and Insurance-based Investment Products" dont l'objectif est d'uniformiser l'information précontractuelle remise aux investisseurs non professionnels, comme le précise le CIO. Avec la multiplication des projets, la problématique majeure de Jean-Luc Brach a été de gérer les priorités et l'assignement des meilleures ressources aux meilleurs endroits… et de gérer l'impondérable : “nous vivions dans un univers changeant à vitesse grand V".

 

Des processus d'amélioration constante

Pour répondre à ces challenges, Jean-Luc et ses équipes ont mis en place un système de workflow permettant une traçabilité des demandes. "L'outil développé a un effet entonnoir tamiseur : près de 200 requêtes arrivent certains jours. Certaines doivent être éliminées car récurrentes, certaines sont des demandes urgentes des clients, et d'autres sont de très bonnes idées que nous devons absolument promouvoir" précise le CIO soulignant ainsi l'importance du Demand Management au sein de la société KNEIP qu'il définit comme dans un processus d'amélioration constante. Stéphanie Noel, Head of Operations, a été instrumentale dans la mise au point de ces processus entre les opérations business et l’IT. C’est grâce à son opiniâtreté  que nous avons atteint cette vélocité. Le Problem Management a également été repensé avec une personne dédiée se penchant de manière proactive sur les incidents et demandes récurrentes. Pourquoi apparaissent-elles ? Comment en identifier la cause ?

"Nous voulons rester agile et digital, mais il est important de ne pas perdre de vue ses clients et les produits. Il faut donc trouver cette balance entre dogmatisme, l'aspect universitaire des méthodes, des recherches, et bien sûr, le côté pratique" explique Jean-Luc Brach, qui précise également que KNEIP est connu pour sa très grande agilité interne : en particulier, sa capacité à avoir une idée le matin, à la tester dans l'après-midi et à la mettre en production le soir même. Autre fait d'arme du CIO et de son équipe informatique composée de 65 personnes en interne, l'augmentation de la fréquence de releases chaque semaine : ils sont désormais au nombre de 12.

 

"En 20 ans, la société KNEIP, est passé du tout papier avec de la publicité dans les journaux et les transparents plastiques à 96% de digital", élément clé de son dossier de candidature, selon Jean-Luc Brach. Mais c'est certainement l'aura d'une société purement luxembourgeoise qui réussit à l'international, avec un centre de décision local et une présence dans 5 pays, combinée à une offre Cloud et Managed Services très affirmée, qui ont convaincu les membres du jury.

Pour 2017, Jean-Luc Brach promet notamment le lancement de deux nouveaux produits l’un étant encore confidentiel et l’autre pour adresser la problématique de MIFID II en matière de distribution des produits. Gary Janaway, le nouveau COO est le fer de lance de la conception de ces killer-apps. Ces logiciels cloud seront développés dans l’Accelerator, équipe interne, nouvellement annoncé qui sera pilotée de manière autonome par Neil Ward, l’ancien COO de Skype. "Nous allons également introduire de nouvelles méthodes encore plus agiles dans certains types de développement front-end et ainsi transformer la manière dont nous travaillons" ajoute le CIO qui souhaite recruter des spécialistes de l'interface utilisateur, de manière à proposer une expérience utilisateur différente. Les autres challenges majeurs seront la livraison d'un produit en production permettant la dissémination automatisée de documents avec une très grande efficacité opérationnelle grâce à l’introduction d’un langage de programmation des règles très simple à appréhender. Enfin, avec le décalage de PRIIPs, qui était initialement prévu pour décembre 2016, la migration des KIID (Key Investor Information Documents) UCITS (Undertakings for Collective Investments in Transferable Securities) vers les KIID PRIIPs devront se faire courant 2017, "une année qui s'annonce chargée et riche en projets" selon le CIO of the Year 2016.

 

Le CIO, véritable partenaire stratégique

"Dans les années 70, l'informatique dictait sa loi au business. Plus tard, la finance et les opérations ont repris la main" nous explique Jean-Luc Brach lorsque nous abordons le Chief Information Officer et l'avenir de la fonction. "Maintenant, avec l'avènement du cloud, du digital et du social, l'IT reprend une place prépondérante. Le CIO doit être force de proposition pour les autres parties prenantes de l'entreprise, mettre en place de nouvelles solutions et étudier toutes les opportunités de développement, tout en gardant un œil sur ce que fait la concurrence" ajoute-t-il. Pour Jean-Luc Brach, la fonction doit également aider les équipes en interne avec des stratégies, architectures et techniques de développement qui soient souples pour être en mesure d'implémenter rapidement.

"Le CIO doit ainsi trouver l'équilibre entre vision future, long terme et agilité en matière de développement. Il est au cœur de la stratégie de l'entreprise, et se veut être un facilitateur du business" conclut Jean-Luc Brach.

 

Propos recueillis par Alexandre Keilmann


Publié le 06 février 2017