Par Arnaud Bacros, Managing Director Enterprise chez Dell EMC Pays-Bas & Belux.

Ces dernières années, bien des CXO ont sans doute vécu la transformation numérique comme une véritable course de fond. La disruption numérique a vu l’émergence, partout dans le monde, de nombreuses industry powerhouses qui ont marqué l’histoire de leur empreinte. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que cette lame de fond sous-tende le Global Data Protection Index réalisé par Vanson Bourne. On peut y lire que les personnes interrogées reconnaissant, à la quasi unanimité, la valeur des données et que 75% d’entre elles en ont déjà retiré un avantage financier et/ou ont investi dans des outils qui les aideront à y parvenir à l’avenir.

Les données prenant de plus en plus de valeur aux yeux des entreprises, ces dernières s’adonnent toujours plus à la collecte de données, les conservant pour de plus longues périodes. Le concept de “Data Capital” est désormais fermement ancré dans pratiquement tous les secteurs. Les entreprises se rendent compte que le recours aux données, dans le but de découvrir de nouvelles perspectives au travers de l’analytique, peut leur permettre de se différencier de leurs concurrents. Mais ce phénomène est également source de tensions dans la mesure où la création, l’acquisition et la protection des données ne sont pas toujours  conciliables. La protection des données suscite des défis de diverses natures - de financiers (capacité à financer une bonne sauvegarde) à logistiques (aptitude à garantir performances et envergure). Parmi les entreprises qui ont participé à l’étude, ces défis jouent un rôle important dans leur lente évolution vers une “protection mature des données”. Pour l’exprimer plus simplement: ce qui permettait encore, voici quelques années, de protéger 1,5 To de données ne fonctionne plus pour les 10 To de données dont disposent en moyenne les entreprises ayant participé à l’enquête.

Rien d’étonnant à ce qu’une telle croissance soit source de nombreux défis pour les entreprises en termes de disponibilité et de rétention de données. Plus des trois-quarts des personnes interrogées (76%) ont subi l’une ou l’autre forme de disruption, ces derniers mois. Pire, ces disruptions semblent avoir toutes sortes d’origines, ce qui rend pratiquement impossible l’éradication totale des risques. Problèmes d’infrastructure, attaques par rançongiciels, données corrompues, erreurs des utilisateurs, voire même soucis avec les prestataires cloud… Il est grand temps de se rendre compte que nous ne pouvons pas éliminer la cause d’un incident touchant un niveau de service. Nous pouvons par contre limiter le plus possible les dégâts occasionnés en mettant en oeuvre une stratégie de protection des données efficace et en recourant aux solutions adéquates.

 

Des enjeux plus importants que jamais

On peut classer les événements qui provoquent des disruptions en deux catégories: périodes d’indisponibilité et pertes de données. Pour ces deux catégories, les personnes interrogées ont signalé que les événements avaient eu pour elles un impact substantiel.

- 41% ont dû faire face à des périodes d’indisponibilité, engendrant un coût moyen estimé de 527.000 dollars.

- 28% ont subi une perte de données.

L’un des résultats les plus surprenants de l’enquête fut de mettre en évidence que les entreprises qui  obtiennent les meilleurs scores dans le cadre du Data Protection Index sont davantage susceptibles de subir des pertes substantielles lors de pannes ou de pertes de données. Cet impact est sans doute lié à l’importance accrue que représentent les données pour les activités de la société et révèle surtout combien il est essentiel de bien organiser la protection des données.

 

Une meilleure protection en trois étapes

1. Accordez de la valeur aux données et protégez-les à l’avenant - A l’échelle mondiale, 81% des sociétés interrogées indiquent qu’elles protègent les données en fonction de la valeur qu’elles représentent. A l’heure où la croissance des volumes de données se fait exponentielle, il est essentiel de mener différentes stratégies de protection des données dans les registres disponibilité, réplication, sauvegarde, archivage, etc. De même, il est important de mettre en oeuvre une solution de protection des données qui soit évolutive.

2. Minimisez le nombre de fournisseurs afin de réduire les risques - Les entreprises interrogées qui travaillent avec plusieurs fournisseurs ont signalé qu’elles couraient un plus grand risque d’incident. Les entreprises qui opèrent avec un seul partenaire en matière de protection des données sont deux fois plus nombreuses à avoir indiqué qu’elles n’avaient subi aucune disruption au cours des douze mois écoulés; parmi elles, 40% n’avaient par ailleurs eu aucune conséquence préjudiciable à déplorer.

3. Misez davantage sur le cloud pour sécuriser - L’élément qui revient le plus fréquemment dans les stratégies élaborées de protection de données est la sauvegarde automatique. 43% des entreprises interrogées y ont d’ores et déjà recours. Il est important d’appliquer ce mode de sauvegarde, en particulier pour réduire les coûts de protection traditionnelle des données.

 

En résumé

Le rapport dresse le portrait d’entreprises et d’organismes qui désirent se mettre au diapason du déluge de données, de leur valeur croissante et des nouveaux flux et tâches de nouvelle génération qui constituent un défi pour les actuelles solutions de protection de données. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère où la protection des données exige une stratégie plus sophistiquée en matière de gestion des données afin de les protéger et d’en assurer la disponibilité en toute circonstance. La protection des données ne peut plus s’appuyer sur une simple police d’assurance. Elle doit être intimement imbriquée dans la conception originale de toute tâche.

 

Le texte intégral du rapport Global Data Protection Index peut être téléchargé via ce lien.


Publié le 17 avril 2019