Sébastien Genesca dirige les activités de CGI au Grand-Duché depuis un peu plus de 7 ans. Depuis lors, l'ESN (Entreprise de Services du Numérique) a élargi son empreinte sur le marché luxembourgeois et a presque doublé ses effectifs. Pour soutenir une croissance qui ne se dément pas depuis quinze ans, CGI au Luxembourg mise sur une présence accrue dans le secteur privé, sur des offres issues des investissements de sa maison-mère, mais surtout sur le sens de l'engagement envers les clients que partagent toutes ses équipes.

 

"Peu après mon arrivée à la tête de la société, nous avons pu nous inscrire dans une dynamique d'acquisition d’affaires, avec notamment des gains substantiels dans les institutions européennes", explique le directeur de CGI au Luxembourg. "Cela nous a permis d’accéder rapidement à une taille critique, d'autant plus que ces contrats - avec la Cour de Justice et le Parlement européen - sont allés de concert avec le développement de nos affaires dans le secteur privé". A l'époque où Sébastien Genesca a pris les commandes de l'entité luxembourgeoise, l'entreprise employait moins de 100 personnes et souffrait d'un déficit d'image. "La société avait une notoriété sur le marché local en dessous de ce qu’elle méritait", admet-t-il.

 

Aujourd’hui, CGI emploie 180 personnes au Luxembourg autour des métiers de l’intégration et du développement. L'entreprise, qui a l'ambition d'accroître sa présence dans le secteur privé, a bien débuté l’année, avec de nouveaux contrats conclus avec des institutions financières et des compagnies d’assurances. Sébastien Genesca estime cependant que la filiale luxembourgeoise a encore des choses à prouver : "nous devons montrer au marché que nous détenons un portefeuille de solutions qui peuvent s’adapter à un ensemble de secteurs industriels. Nous devons également poursuivre notre diversification", déclare-t-il. Le directeur de CGI au Luxembourg se dit toutefois satisfait des performances pour les 5 premiers mois de l’année fiscale, soulignant au passage l’importance de la fidélité de ses collaborateurs dans le développement de l’entreprise.

 

"On se doit d’être engagé, même sur une régie"

"L’environnement économique luxembourgeois reste largement favorable. Le pays demeure propice à l’investissement, particulièrement dans le domaine des technologies de l'information. Cependant les pratiques de la place ont évolué et nous devons nous y adapter", observe Sébastien Genesca. Pour opérer les bons choix quant à ses investissements, CGI s'est engagée dans un plan de trois ans à l'issue duquel elle devrait avoir identifié les secteurs porteurs et y avoir injecté les moyens adéquats. L’agence luxembourgeoise a en outre pour projet de décliner localement des offres technologiques élaborées au sein du groupe et en faire bénéficier le marché luxembourgeois. "Le marché luxembourgeois est concentré à 80 % autour de l’assistance technique. Nous pouvons nous accommoder de cette réalité tout en développant des engagements forts vis-à-vis de nos clients. On se doit d’être engagé, même sur une régie", affirme le patron de CGI Luxembourg.

 

Le prestataire de services met donc un accent particulier sur la culture de l’engagement, un différenciateur non négligeable pour appréhender des projets "beaucoup moins nombreux qu’il y a une dizaine d’années". Cette politique a bien entendu un coût qui ne permet pas à CGI de faire partie des sociétés de services à bas coûts. CGI applique une politique RH fondée sur la gestion de carrière de ses collaborateurs, ce qui a un impact direct sur la qualité des services proposés.

 

"De nombreuses ESN sont présentes sur le marché luxembourgeois mais certaines pratiquent des prix tellement bas qu'il leur est impossible de garantir la qualité de leurs services", estime Sébastien Genesca. "La plupart des clients de CGI ne sont pas opposés à payer un prix plus conséquent si la compétence est là. Notre savoir-faire, bâti sur des références solides, nous permet encore aujourd’hui de réaliser de gros contrats. Nos clients font appel à nos services parce qu'ils savent que nous sommes à même de les accompagner tout au long du cycle de vie de leurs projets et que nos ingénieurs constituent des équipes homogènes, solidement formées et fédérées autour d'une même culture de l'engagement".

 

"Au niveau du secteur privé qui est pour nous une priorité, nous avons eu de bonnes nouvelles en début d’année puisque nous avons décroché plusieurs contrats dans le secteur bancaire et de l'assurance. Nous avons également l'ambition de développer les secteurs des télécoms et de l’énergie: le portefeuille de CGI est riche de 80 solutions et certaines sont destinées à des secteurs d’activités particuliers. Nous avons ainsi cartographié un ensemble d’assets qui pourraient intéresser le monde de l’énergie et des télécommunications".

 

Même si les missions d’infrastructure dans le milieu bancaire ne constituent qu'une part relative des activités de CGI, l'entité luxembourgeoise détient l'agrément PSF depuis 2008. "C'est un chantier auquel je me suis attelé dès mon arrivée chez CGI Luxembourg: il était évident pour moi qu’il fallait en être", explique Sébastien Genesca. "C'est une activité qui a un fort potentiel de développement, le groupe CGI bénéficiant de grandes capacités dans ce domaine".

 

Le levier de la R&D

CGI Luxembourg mise aussi sur la recherche et le développement. La SSII met ainsi en avant deux offres issues des investissements en R&D de sa maison-mère: le Big Data, "une offre complexe mais qui suscite des débats prometteurs avec les clients" et le marché des DevOps, "qui a atteint aujourd'hui une forme de maturité". D'après une étude menée par le cabinet Gartner, 25% des 2.000 plus grandes entreprises à l'échelle mondiale s'orientent en effet massivement vers cette démarche et le marché des technologies de DevOps pourrait atteindre 2,15 milliards d'euros cette année, pour 1,75 milliards d'euros en 2014 (ndlr). L'approche de CGI dans ce domaine consiste à réfléchir avec ses clients à la meilleure manière d'aborder les changements culturels nécessaires à la fusion des opérations avec le développement, changements qui exigent en outre une chaîne liée d'outils technologiques. "Les temps doivent se raccourcir entre l'expression des besoins par les métiers et la mise en opération des projets informatiques", commente Sébastien Genesca.

 

La force d'un groupe

Le groupe d'envergure internationale créé en 1976 par le canadien Serge Godin, compte aujourd'hui 70.000 membres répartis dans 40 pays. L'avenir semble lui réserver de belles perspectives de croissance, tant sur la scène mondiale que sur la place luxembourgeoise, la société doublant de taille tous les quatre ans et ce, depuis 15 ans. L'équipe en place au Luxembourg offre à ses clients une gamme de services complets en matière de technologies de l’information, dont des services de conseil en management ainsi que des services d'intégration de systèmes, en gestion des processus métiers et d'externalisation.

 

Propos recueillis par Michaël Renotte

 


Publié le 16 avril 2015