Demandez à dix employés pris au hasard ce que fait un administrateur système de ses journées et il y a de grandes chances qu’ils vous répondent qu’ « il veille à ce que l’Internet tourne » ou qu’ « il m’aide lorsque j’ai un problème avec mon ordinateur ». C’est évidemment vrai dans de nombreuses organisations. Mais le rôle d’un administrateur système est sous-estimé. Voilà pourquoi il est temps de montrer qu’un administrateur système est bien plus qu’un petit malin qui connaît l’électronique et les ordinateurs sur le bout des doigts. Dans cet article, à l'occasion du World SysAdmin Day, nous évoquerons cinq fonctions qu’un administrateur système peut facilement ajouter à sa carte de visite.

1. Grand maître aux échecs

De Kasparov à Carlsen : les bons joueurs d’échecs ont en commun de comprendre les conséquences lointaines d’une décision. Ils peuvent ainsi évaluer en un clin d’œil toutes les situations possibles et leurs implications. Ils prennent alors la décision la plus adéquate sur le moment tout en anticipant l’avenir. Et c’est précisément ce que fait un administrateur système, à la différence près que ses pions sont des ordinateurs et des logiciels.

Imaginez que la direction d’une entreprise veuille acquérir un outil spécifique et demande son avis à l’administrateur système. Ou qu’un utilisateur final veuille savoir comment naviguer plus vite. Dans les deux cas, l’administrateur système ne va jamais répondre directement, il va toujours procéder d’abord à une analyse approfondie. Pourquoi cette question ? Quels facteurs entrent en jeu – aujourd’hui mais aussi demain ? La direction veut-elle vraiment cet outil ? N’y a-t-il pas une autre raison sous-jacente ? Ce n’est qu’après avoir répondu à toutes ces questions qu’un bon administrateur système pourra donner son avis. Capacité d’analyse, pensée critique et prise en compte de toutes les possibilités : voilà les qualités qui font de Kasparov et d’un administrateur système de grands maîtres.

Un exemple ? Je me trouvais récemment dans une entreprise de télécommunications. De façon surprenante, toute l’équipe utilisait le réseau mobile d’un concurrent. Était-ce plus coûteux ? Certainement. Sauf que : imaginez que le réseau de l’entreprise tombe en panne, il sera alors toujours possible de passer des appels mobiles. Voilà une réflexion typique d’un administrateur système. Il ne faut pas choisir l’option la plus avantageuse mais celle qui est la plus intelligente à long terme.

2. Gestionnaire de projet

Tous les administrateurs système connaissent cette situation : leur direction entend parler partout du cloud et « veut s’y lancer ». Vu qu’il s’agit d’informatique, il est logique que l’administrateur système soit impliqué dans le projet en tant que contremaître, en quelque sorte. Il connait bien ce que le directeur comprend à peine. Les utilisateurs finaux, quant à eux, sont à l’autre bout : ils doivent par exemple utiliser l’application cloud qui vient d’être installée. En conséquence, l’administrateur système sert de liaison entre ces deux pôles. Il défend les intérêts des utilisateurs finaux auprès de la direction, et vice-versa. C’est typique d’un gestionnaire de projet, non ?

3. Psychologue

Le fait qu’un administrateur système se concentre sur la technologie ne signifie pas qu’il n’est jamais confronté à des êtres humains. Le stéréotype du « nerd » asocial qui travaille pieds nus dans le grenier est dépassé depuis fort longtemps. Les administrateurs système doivent composer jour après jour avec des gens qui en savent moins qu’eux. Et ce n’est pas une mince affaire. Le plus important ? Être capable de donner une réponse que l’interlocuteur peut comprendre. Ils doivent donc se mettre à la place de l’utilisateur. Que veut-il régler au juste ? Quel est son problème ? Il faudrait presque prévoir chaque semaine une heure de conversation en tête-à-tête, avec ou sans canapé.

4. Expert en administration des affaires

Étant donné que l’informatique fait partie intégrante de la gestion opérationnelle dans un nombre croissant d’entreprise, l’administrateur système doit superviser de plus en plus de processus. Prenez par exemple une entreprise de distribution où l’informatique joue un rôle de l’arrivée des colis jusqu’à leur livraison chez les clients. Un bon administrateur système sait ce qui se passe du début à la fin et quel est l’importance de l’informatique dans ce cadre. Vu sous cet angle, c’est un véritable expert en administration des affaires qui pourrait même conseiller la direction sur l’optimisation des processus – mais cela arrive bien trop rarement aujourd’hui.

5. Chasseur de tendances

Il se passe énormément de choses dans l’informatique et il est inutile de l’expliquer à un administrateur système. En conséquence, on attend de ces experts d’être toujours au courant des tendances, des innovations et des nouveaux produits. Les gens qui ne travaillent pas dans l’informatique sont persuadés qu’un administrateur système doit tout savoir en matière d’ordinateurs, voire d’électronique. Ils arrivent et demandent à brûle-pourpoint : « peux-tu installer cette application sur mon iPhone ? » ou bien « quelles seraient les conséquences de l’installation de Salesforce pour notre sécurité ? ». Soyons honnêtes : un administrateur système en sait beaucoup, mais tout ? Non, c’est humainement impossible. Toutefois, un bon administrateur système tentera quand même une réponse. Heureusement, il a une solide capacité d’analyse.

 

Ecrit par Henk Arts, Systems Engineer Manager chez Veeam


Publié le 28 juillet 2017